Repéré en 2002 lors des premières sessions du comité de lecture grâce à son texte «Le froid passe par le bas», Frédéric Aspisi fit un bref passage au premier Corps de Textes pour cause de tournée… car l'auteur est aussi acteur. Pour l'édition 2003, il nous fit cadeau d'une conférence «non universitaire», pleine d'humour, de poésie et de subtilité, intitulée «La Foudre». Mais une fois encore, ses activités théâtrales l'empêchaient d'être un peu plus des nôtres… Cette année, nous aurons enfin deux moments privilégiés pour découvrir le talent de ce jeune homme dont nombre de ses pairs pensent et espèrent le meilleur : une répétition publique et une lecture par la comédienne Isabelle Gardien, deux rendez-vous qu'il ne faudra manquer sous aucun prétexte.
Le livre, paru en janvier 2003 aux éditions Séguier- Atlantica est un essai sur l'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux et le dramaturge Eugène Durif, auteur de «Pauvre folle Phèdre», «Les Petites Heures», «Tonkin-Alger», «Maison du peuple», «Via Negativa». Partant de l'axiome de Durif « être là, facile à dire...», Frédéric Aspisi nous propose une définition de l'art de l'acteur, qui joue à être lui-même face au monde. Etre dans l'oubli de soi et savoir qu'on y est, dans le même temps.
La lecture est le fruit d'une rencontre pleine de respect et d'amitié entre la comédienne Isabelle Gardien et l'auteur Frédéric Aspisi. Il m'a semblé évident que seule Isabelle Gardien pouvait conduire le spectateur à entendre ce texte, en le menant à travers les méandres de mon écriture énigmatique. Et c'est une menthe, et aussi une lumière qui vous transporte avec douceur au travers des enfers humains. On se laisse porter, on se laisse faire, on est de nouveau accompagné… qui sait ? on se réconcilie peut-être avec la vie.
En création fin mai 2004 en Norvège, «Europe, tragédie» réunit principalement quatre européens : Frédéric Aspisi (né en France), Elie Holbø-Wendelbo (née en Norvège), Magdalena Matthieu (née en Pologne), Eram Sobhani (né en Iran). La pièce sera représentée en France à la rentrée 2004.
Chercher à faire revivre le mythe d'Europe. Nous allons donc montrer au spectateur un travail de fouilles à l'état actif à même le plateau. Nous devenons des archéologues du théâtre en travail sur le plateau pour ramener à la surface les vestiges du temps passé. Nous utilisons les figures du juif errant, du désir taurin, de l'holocauste (viol sacrificiel), pour montrer aux spectateurs la reproduction de la mémoire par ces mêmes figures. En effet, nous voudrions faire entendre le parallèle entre le sacrifice d'Europe par Zeus (un holocauste) et celui des juifs par une partie des européens (l'Holocauste). Sur ces deux holocaustes se construiront deux pensées de la communauté européenne : une pensée antique et une pensée moderne. Nous invitons donc le spectateur à venir voir les quatre protagonistes dans une forme à venir qui serait celle d'une conférence-théâtre, où un couple tenterait de dire la légende et un autre couple la représenterait par l'image. Ce sont les matériaux principaux de la pièce : texte et image. Le sacrifice (au sens grec) redonne au théâtre sa fonction politique de catalyseur des passions humaines, et si possible, de média avec des forces invisibles et incontrôlables. Le théâtre redevient acte de magie et toute son histoire fonctionnelle resurgit dans le présent.
Frédéric Aspisi
Une écriture nourrie du passé mais tellement contemporaine, dans le meilleur sens, c'est-à-dire dans la résonance qu'elle provoque.
Parler de Frédéric Aspisi est chose aisée, parler de l'auteur est plus difficile, plus complexe, car son écriture a été durant ces dernières années l'une des plus belles qu'il m'ait été donné de lire.
Il est rare de rencontrer un jeune créateur, où l'on peut dire à coup sur, qu'il est l'auteur de demain.>
Mes élèves du conservatoire y trouvent un intérêt évident, les lecteurs de mon édition, eux d'une autre génération, l'ont immédiatement repéré.
Les dramaturges comme Durif l'aiment, et lui offrent une préface pour mieux le faire connaître et apprécier des médias.
Une jeune comédienne de la Comédie Française, amoureuse de la dramaturgie contemporaine, lit devant un auditoire enthousiaste (au Centre national du théâtre à Paris) son texte «Une apologie bien particulière», et je suis heureux aujourd'hui que Marianne Clévy, responsable du festival des écritures contemporaines en scène, «Corps de textes», reprenne le flambeau pour imposer de nouveau l'évidence de la création et de l'univers de Frédéric Aspisi