Jeune auteur, acteur et metteur en scène belge, Dominique Wittorski n'est pas un inconnu dans le domaine de la création cinématographique, et ses court-métrages ont démontré depuis quelques années son talent de scénariste et de réalisateur. Mais ses textes pour la scène, lus et repérés par le comité de lecture de Corps de Textes en 2001, n'avaient pas encore trouvé de producteurs. Lors des précédentes éditions du festival, nous avons accueilli à de nombreuses occasions Dominique Wittorski en qualité d'auteur, mais également d'acteur ou de vidéaste. La coproduction de «Ohne» est donc la poursuite logique de notre collaboration avec ce jeune artiste belge.

OHNE

création
avec (distribution en cours) : Yann COLLETTE, Bernadette LE SACHÉ, Erwan DAOUPHARS
mise en scène : Dominique WITTORSKI

C'est trois fois l'histoire de Ohne. De lui, que peut-on dire ? Que «Ohne», c'est «Sans» en allemand ! Sans quoi ? Sans prénom, sans contours, sans profil, sans travail, sans mots… Ohne cherche un emploi. C'est trois fois la même histoire de son inscription à l'ANPE. Trois fois l'histoire d'un homme, ou une fois l'histoire de trois hommes handicapés des mots. Le premier ignorant des sujets pronominaux, comme absent au monde ; le deuxième, qui n'utilise aucun verbe et ne peut être que mouvements ; le troisième qui ne s'exprime que par sujets et verbes… Trois histoires différentes puisque la langue dérape différemment.

Repéré par le comité de lecture en 2002, ce texte décapant et plus que jamais d'actualité - sans démagogie - a reçu en 2002 le prix d'encouragement à l'écriture du Ministère de la Culture. «Ohne» sera repris au Festival de Spa - Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve en 2004 et 2005 et en tournée la saison prochaine aux ATP qui ont choisi à l'unanimité de coproduire et promouvoir sa création.

coproduction : Petrouchka, Théâtre des 2 Rives, la Fédération des ATP,
l'Atelier Théâtre J.Vilar de Louvain-la-Neuve et le Festival de Spa

Wittorski fait son cinéma !

Bosna Airlines - Vol 8487, Sans regrets éternels

Trois courts métrages écrits et réalisés par l'auteur

avec Yann Collette et Lux Fugit

Confortablement installés dans les alcôves du Théâtre des 2 Rives, venez découvrir l'univers cinématographique de D. Wittorski grâce à la diffusion de 3 de ses court-métrages avant et après le spectacle «Ohne».

Comprendre un peu du monde
à défaut de le rendre acceptable

En février, Dominique Wittorski répondait à quelques questions autour de la création prochaine de «Ohne». Réflexions en forme de monologue pour un auteur-acteur. «Ohne» est la première aventure qui reçoit les moyens d'une véritable création. Avant cela, «Padam, padam, pas d'âme», une pièce courte, avait fait l'objet d'un travail d'atelier débouchant sur une représentation unique, mise en scène par Jacques Nichet. Et «Vermeer, beau bleu» a été travaillé sous forme de digest pour un festival d'écriture contemporaine à Montpellier. Je suis impatient d'attaquer le travail du plateau, parce qu'à chaque fois que je m'attable pour écrire me reviennent les mêmes questions à propos des codes de représentations avec lesquels j'ai envie de jouer, que je veux déjouer… et qui fondent tout une partie de mon écriture. Car il n'est pas suffisant d'écrire, il faut la vérification du plateau, confronter ces questions à la réalité des planches et de l'instant. Ce travail, malgré les «essais» dont je viens de parler, doit encore être mené. Les essais m'ont fait voir que mes questions ne mènent pas à des culs-de-sac, mais aujourd'hui je désire montrer que ce sont carrément des pistes à développer, qu'il faut redonner de l'espace à ces questions dans l'écriture contemporaine francophone. Je suis un homme de plateau depuis longtemps, qui avait comme principale habitude de se tenir sur le plateau et je suis devenu auteur lentement. Parce que je me suis mis à écrire pour ne pas dépendre du désir des autres en permanence. Aujourd'hui, après avoir réalisé quatre courts métrages au cinéma, je passe le pas de devenir metteur en scène de théâtre. C'est-à-dire l'homme de plateau qui se tient en dehors du plateau. Je ne crois pas que le changement de préposition (hors/sur) soit un véritable changement de position. Toujours poser des questions et favoriser le travail du partenaire pour que le mien puisse éclore, il me semble que le travail reste le même : décider d'un objectif -atteindre un sens et le faire partager- et utiliser les moyens de production particuliers pour atteindre cet objectif. Mon regard, ma façon de penser ne changent pas. Il me faut seulement rester tout le temps attentif au fait que les moyens de productions changent le sens d'un discours. Donc je modifie mes choix, pas ma façon de penser, et surtout pas l'objectif ni la question primale, source d'inspiration : le chaos. Le monde n'a pas de sens, j'ai besoin qu'il en ait un pour vivre. Alors je tente d'ordonner pour moi-même le chaos du monde afin de faire émerger un début de sens, plutôt des fils, des lignes (une ligne on peut la parcourir dans deux sens) qui feront comprendre un peu du monde à défaut de le rendre acceptable.


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