Pour découvrir l'univers multiple et sensible d'Olivier Gosse, il ne s'agissait pas de programmer et accompagner un seul spectacle, ce «Tralala»… qui va si bien à Gaëlle Bidault, complice de plusieurs années. Il fallait aussi rendre hommage à «l'écrivain public», tel qu'il aime à esquisser sa propre définition. C'est pourquoi nous accueillons aussi «Eh, toi…», petite forme, magnifique travail d'écriture en Maison d'arrêt, restitué avec sensibilité et pudeur par l'auteur et une actrice, et «Nouvelles-Villes», déambulation mise en œuvre et réalisé à partir de textes produits en ateliers d'écriture avec des patients des Hôpitaux de Jour de Grand-Quevilly, Mesnil-Esnard & Notre-Dame de Bondeville. Trois instants de théâtre, des rendez-vous qui ponctuent de toute leur singularité la trame de Corps de Textes.
«Les franges de la cité nous parlent aussi de son centre, de ce qui lui fait défaut, de ses fragilités. L'artiste n'a finalement que la place qu'il s'invente.»
Oliver Gosse propose de remettre dans son cadre ce monologue d'une jeune femme : «La vraie folie, c'est d'être seule maintenant, de ne pas trouver celui qui va savoir m'effacer d'un seul coup, un motard, un coiffeur et un forain». Une drôle d'interrogation existentielle au comptoir des cafés et bistros de Rouen.
production : Art-Scène
Coproduction Corps de Textes
Ce travail mené en 2003 par Olivier Gosse et des femmes de la Maison d'arrêt de Rouen a permis de réaliser une petite forme artistique alliant une totale émotion à un respect de l'univers des femmes participant à l'aventure. Au résultat, un instant étrange de bonheur et de réflexion sur l'autre, l'inatteignable… Un bijoux de huit minutes, à voir et revoir…
Financement : DRAC & SPIP-76
Écrire. Si les verbes n'étaient point invariables, on pourrait orthographier «écrires». Tantôt projet personnel, tantôt écriture qui tente de capter et de restituer une réalité, un particularisme social… Ecriture-source, écriture-confluence, écriture-relais, écriture- catalyseur, écriture aboutissement, écriture-fin en soi… L'auteur profite à loisir d'une vie intérieure quasi autonome. Mais il peut également évoluer en extérieur, se laisser guider par des collaborateurs venant d'autres planètes (artistiques ou non), se mettre en résonance avec des univers de rencontre… Morcellement carcéral, fêlure psychiatrique… Les franges de la cité nous parlent aussi de son centre, de ce qui lui fait défaut, de ses fragilités. L'artiste n'a finalement que la place qu'il s'invente. Splendide isolement… Grand reporter… Ecrivain public… Ou l'auteur écrit face à lui-même… ou il trouve dans la cité, ce «miroir du monde» dans lequel il pourra se reconnaître et s'étonner… ou il conjugue les deux… Je est un autre. L'autre est un je… Ecrire - «écrires» - est déjà en soi un théâtre.
Olivier Gosse, février 2004