Depuis trois ans, le centre dramatique mène une politique régulière d'accompagnement en production de créations qui mêlent dans leur fondement imaginaire l'écriture littéraire ou dramatique et le cirque. Naturellement, la présence voisine du Cirque-Théâtre d'Elbeuf nous a aidés à ouvrir l'œil et l'oreille aux nouveaux chants d'une discipline artistique qui a su depuis quelques années, bousculer ses repères et frayer avec les autres arts de la scène sans se perdre, s'ouvrir à la poésie en scène, se découvrir et nous ouvrir à de nouvelles et magnifiques perspectives artistiques. Après les quatre poèmes-cirque, créés durant la saison 2002, nous poursuivons donc cette collaboration avec des artistes auxquels nous sommes heureux de signifier aussi par là notre fidélité, la compagnie 14/20, Angéla Laurier et David Noir.
En lever de rideau, la restitution d'un travail entre une compagnie, Le chant des balles et un chercheur, Jean-Michel Guy ; une création Solo s ; un chantier d'écriture d'une création à venir L'Ange est là - L'Or y est.
Rencontre et conversations au bar du théâtre autour des enjeux de l'écriture au cirque, aujourd'hui.
Le spectacle Le Chant des Balles est né d'une rencontre fondée sur l'altérité de deux artistes : Eric Bellocq, au luth ou au théorbe, et Vincent de Lavenère aux balles. De ce spectacle, Jean-Michel Guy, auteur, chercheur, écrivait en Juillet 2000 dans Arts de la Piste, «des suites minimalistes, à deux, trois, quatre, six balles ou zéro rythment la pièce qui s'intitule Le Chant des Balles, une façon de dire qu'à tout prendre, s'il fallait absolument affilier le jonglage, ce ne saurait être qu'à la musique».
Depuis, ensemble, ils ont entamé un travail d'écriture de ce chant… Notre rencontre n'a pas pour objet une explication du spectacle, mais la restitution du travail encore inédit entre le chercheur et les artistes sur les enjeux de l'écriture de la jongle.
Un spectacle qui mêle jonglage, manipulation d'objets, poésie, peinture et vidéo.
Un voyage vers la nuit et les étoiles qui plonge progressivement les spectateurs dans un univers «magique».
Une magie qui bouleverse les repères traditionnels du jonglage et les lois de la pesanteur.
Un texte original de Michel Butor constitue l'univers sonore qui éveille le spectateur à la poésie de la résonance.
Un peintre réalise une calligraphie lumineuse en direct et révèle le mystère de l'espace nocturne.
Ce spectacle est le fruit d'une collaboration de plusieurs années entre l'écrivain Michel Butor et les jeunes jongleurs de la compagnie 14/20. Après un premier poème-cirque, commandé aux artistes par le Théâtre des 2 Rives et le Cirque-Théâtre d'Elbeuf en 2001, l'association entre l'écrivain et les circassiens s'est prolongée vers une forme plus aboutie. La dramaturgie du spectacle est construite comme un voyage vers la nuit et les étoiles.
Au final un travail sur la poésie de l'espace nocturne, le mystère de la dualité : présence / absence.
A propos de cette prochaine création, David Noir écrivait en décembre dernier, lors d'une phase de travail au CRAC de Cherbourg, «Elle est contorsionniste ; je suis sensé être auteur. Pourtant, je ne veux pas de cette place ; elle ne veut plus tout à fait de la sienne. On nous propose, on se propose de choisir notre emprisonnement sous un autre éclairage. Les gens de cirque ; les «circassiens» d'aujourd'hui, comme on dit les non-voyants par pudeur institutionnelle, doivent migrer. Ils doivent parler comme au théâtre et cacher leurs animaux. Soit, c'est le prix de la survie. Soyons tous auteurs, et c'est vrai que tout le monde peut l'être pour peu qu'il en prenne conscience. Du coup je ne le serai qu'en commentaires, en voix off, en regard sur son corps, en filmant sa parole obturée par une paroi molle de verre incassable qui de loin, sur cette table peut lui faire un cercueil de belle aux bois dormants. Les textes sont les siens ; beaux, personnels et intimes».
Avant la création en juillet, la présentation après quelques jours de résidence à Elbeuf d'une étape de travail.