Pour quatre jeudis, le café Europe se met au diapason de Corps de Textes en déclinant à sa façon quelques-unes des problématiques du festival et en découvrant d'autres facettes d'artistes européens, voire… canadiens !

Café littéraire Chaos

animé par l'artiste associé au Théâtre Ephéméride, Didier Mahieu, comédien, plasticien, philosophe, créateur de la collection «Philosophie de chair».

lecture de «The harps of god» de Kent Stetson, conduite par Jos Houben metteur en scène, et Isabelle Famchon, traductrice.

Café Berlinois

en compagnie d'Anne Monfort, universitaire assistante de Thomas Ostermeier et Lukas Hemleb à la Shaubühne de Berlin.

lecture de «Alles. In einer Nacht» de Falk Richet, artiste associé à la Shaubühne, par Claudia Hubsmann, comédienne au Théâtre de Sarrebruck.

Café Polonais

en compagnie de Piotr Bednarski, poète et écrivain polonais, et en présence d'Henri Sobowiec, membre du collectif d'étudiants de la Sorbonne qui a traduit son oeuvre.

Lecture d'extraits de son dernier roman, "les neiges bleues" qui vient d'être publié par la revue Autrement. Ce petit livre nous introduit dans un monde différent et fascinant: la Sibérie des années quarante, dans l'antichambre du goulag. Un monde de cruauté et de générosité, un monde simple et retors, où les sentiments et les passions s'expriment avec une brutale franchise mais où la pensée se déguise devant la menace de mort imminente. Piotr Bednarski a puisé ce récit dans ses propres souvenirs d'enfance. C'est une contribution non seulement à la littérature universelle, mais aussi à l'histoire humaine.

Café littéraire Jouir !

en compagnie de Marie Nimier, écrivain, et de Nadège Prugnard, auteur interprète de «Monoï», invitée dans le Campus Jouir !

lecture de «Sous le Manteau» : Comment dire ce qui nous émeut ? Quels mots choisir pour métamorphoser la haine en jouissance ? Réflexion sur l'appropriation de la moulinette pornographique par les femmes, «Sous le Manteau» est aussi et avant tout un dérapage gourmand sur la façon dont les femmes se représentent les hommes, et vice-versa.

Café Europe,

le nouveau rendez-vous du Théâtre Ephéméride

Et lorsque Corps de Textes demande l'hospitalité au Café Europe pour la résidence d'un auteur canadien et d'une équipe artistique qui le traduit, le lit, et accompagne sa découverte en France,
le Café Europe se fait international…
À l'image de nos prochaines collaborations artistiques ?
Nous l'espérons ensemble !

Le 6 mai, le théâtre Ephéméride ouvre à la fabrique son café Europe, conçu et peint par Bernard Xenakis autour des grands mythes fondateur de l'Europe et en hommage à Tadeusz Kantor qui souhaitait que ce café Europe existe, quelque part, sur les routes du temps…

Tous les jeudi soir, vous pourrez désormais y rencontrer des auteurs, des musiciens, des comédiens, des danseurs, venus des quatre coins de l'Europe pour nous parler de leur travail et de la façon dont ils le vivent dans leur pays.

Rencontres sans fioritures autour d'un potage ou autres spécialités du pays invité.

une lecture canadienne,
dans le cadre du Chaos :

«The harps of god»

de Kent Stetson

Travail artistique conduit par Isabelle Famchon, traductrice et Jos Houben, directeur d'acteurs.

Se sont investis dans ce travail de défrichage et de mise en voix cinq comédiens (distribution en cours) et les élèves du Conservatoire d'art dramatique de région de Rouen.

Depuis deux ans, nous souhaitions inviter en collaboration avec la Maison Antoine Vitez l'auteur Kent Stetson et découvrir grâce au travail d'Isabelle Famchon, traductrice convaincue et convaincante, ce grand auteur canadien anglophone, mainte fois récompensé pour ses nombreuses pièces de théâtre, et totalement inconnu en France. L'obstination paie parfois, et nous voici donc en présence de l'auteur et d'une équipe artistique qui aura, l'espace d'une semaine, défriché et travaillé ce texte intense. Une pièce où le chaos humain s'expose dans une langue-mosaïque incroyable de beauté et de force.

«The harps of god» se passe au large de la côte Nord-Ouest de Terre-Neuve. Des pêcheurs, pauvres, partent chaque année «à la glace» chasser les phoques. Année 1914. La plus épouvantable tragédie, une histoire incroyable, comme la dureté du Grand Nord mêlée à la cruauté et l'exploitation de l'homme par l'homme peuvent en générer, sert de trame à cette saga théâtrale : pendant deux jours et deux nuits interminables, une équipe de chasseurs de phoques - 132 hommes - furent laissés à eux-mêmes en plein hiver sur la banquise à la dérive. Ils étaient légèrement vêtus, la laine coûtant trop cher à l'employeur, presque sans nourriture, et sans le moindre espoir de s'abriter sur la glace contre la neige ou la constance sauvage des vents. Pour survivre, ils se devaient d'avancer, de ne jamais s'arrêter… certains furent cependant sauvé…

La langue rend compte de la mosaïque humaine, dialectes, mots eskimos et indiens américains, termes anglais archaïques, mots rares… Un défi pour le traducteur, et l'évidente nécessité de «tester» avec des comédiens en français - par fragments car le texte intégral dépasse les trois heures - ce matériau théâtral avant d'imaginer et d'espérer sa réalisation sur les scènes françaises.

Lecture à l'issue d'une résidence de traduction organisée et soutenue par Corps de Textes, le Théâtre Ephéméride, la Maison Antoine Vitez, avec le concours du Conseil des Arts du Canada, dans le cadre des échanges avec le Banff Playrites Colony.


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