La Prose du monde

de Maurice Merleau-Ponty

interprétation Didier Mahieu et Patrick Verschueren

Voilà longtemps qu'on parle sur la terre et les trois quart de ce qu'on dit passe inaperçu. Une rose, il pleut, le temps est beau, l'homme est mortel. Ainsi commence La Prose du monde, texte inachevé de Maurice Merleau-Ponty et tout dernier opus de la collection Philosophie de chair imaginée par Didier Mahieu.

En quoi le “voir” le “nommer” et le “penser” sont-ils dépendants l'un de l'autre ? Quels rapports entretiennent les mots et le monde ? Par quelle magie la parole peut-elle créer un nouveau monde? Pour quelle raison les mots permettent-ils de raisonner ? Comme dirait le fou de La Nuit des Rois de Shakespeare : ... je ne saurais vous donner une raison sans les mots.... et nous voilà prisonniers de nos mots.

Comme pour les quatre numéros précédents de la collection théâtrale Philosophie de chair consacrés à Descartes, Pascal, Diderot et Nietzsche, Didier Mahieu poursuit avec Merleau-Ponty un travail théâtral où l'art du comédien est mis au service de la philosophie, lui rendant ainsi l'oralité dont elle était issue. La pensée du philosophe est incarnée, c'est-à dire qu'elle est vivante et en marche, devant nous, la difficulté de compréhension du texte s'efface grâce à sa mise en situation et à l'art de la persuasion.

Corps de Textes accueille avec un bonheur cette nouvelle production d'un des fondateurs du Théâtre des 2 Rives.
Spectacle-rencontre, production administrée par le Théâtre Ephéméride

Peut-on faire théâtre de tout ?

Une question, deux rendez-vous autour de textes et d'artistes

Description

de Philippe Minyana

spectacle-rencontre

Description a été créé dans le cadre du Festival Prim'verbes au Théâtre des 2 Rives en mai 2002 par Catherine Dewitt dans une mise en scène d'Alain Bézu. Forme brève, d'une vingtaine de minutes, elle est proposée cette saison pour une représentation exceptionnelle qui s'ouvre sur une discussion libre avec des invités artistes photographes et écrivains autour de l'équipe de création, et une question : le théâtre, comme la photo, peut-il rendre compte de l'horreur, comment peut-il se faire témoin, et où commence l'acte artistique ?

Ce que j'ai tenté de faire avec Description, c'est inventer un scénario qui met en jeu un "après" du carnage, une "vision" (car comment faire du théâtre de la guerre quand elle n'appartient pas à notre mémoire personnelle ?). Actrice, plateau, photos: trois écrans, trois filtres (...) Le théâtre est avoué, le "déplacement" est visible. Ce n'est donc pas une mise à l'écart du thème, c'est une prise en compte réelle de la difficulté d'évoquer l'innommable .

Philippe Minyana

“L'atelier d'Alberto Giacometti”

de Jean Genet

chantier-rencontre

"Dans cet atelier, un homme meurt lentement, se consume, et sous nos yeux se métamorphose en déesse." A l'inititative de Manuel Rozoy (Groupe Kelarm?) les metteurs en scène des compagnies partenaires commencent un chantier où se croiseront et se confronteront expériences et esthétiques artistiques autour de la question du regard avec pour support de réflexion l'œuvre de Jean Genet “L'Atelier d'Alberto Giacometti”. Cette rencontre qui inaugure un chantier de 5 jours donne la parole à des invités (peintres, philosophes) que les metteurs en scène ont souhaité associer à leur réflexion.

"C'est l'œuvre de Giacometti qui me rend notre univers encore plus insupportable, tant il me semble que cet artiste a su écarter ce qui gênait son regard pour découvrir ce qui reste de l'homme quand les faux semblants sont enlevés”.

Jean Genet, L'atelier d'Alberto Giacometti, L'Arbalète, 1995.

Mémoires d'un spectateur

Le spectacle, le théâtre, est pour eux depuis longtemps source d'émotions et de réflexion. Il a bouleversé, occupé leurs soirées, leur vie parfois. Trois rencontres librement construites par nos invités qui viendront chacun partager avec nous un peu de leur trésor personnel, de leur mémoire de spectateurs de théâtre, de leur histoire, de leur art.

Robert Abirached

Figure de la vie théâtrale française, auteur, critique dramatique, journaliste et professeur d'université (à Paris-X Nanterre), Robert Abirached, dont les essais font autorité qu'il s'agisse d'esthétique théâtrale ou de l'histoire du théâtre public, fut également directeur du théâtre et des spectacles au Ministère de la Culture de 1981 à 1988. Enfin, il est aussi l'auteur d'un “Casanova ou la Dissipation” qui obtint à sa parution en 1961 le Prix Sainte-Beuve et influença Federico Fellini lors de la préparation de Casanova (1976).

Jean Mambrino

Jean Mambrino est l'un des grands poètes de notre temps qui a su concilier avec bonheur le déploiement de sa démarche personnelle de création et une vision cosmique et mystique de son engagement religieux. Le poète, dit Mambrino, écoute et reçoit des appels de toutes parts, du dehors et du dedans. Il accueille en façonnant et se façonne en acceptant ce qui le métamorphose”. Corps de Textes vous convie à une rencontre où s'entremêlent souvenirs et poésie avec un poète émerveillé par la vie.

Joël Cramesnil

Élève-comédien, comédien amateur, puis étudiant en théâtre et relation public de jeunes compagnies, Joël Cramesnil est aujourd'hui écrivain, enseignant, critique de théâtre et chercheur en arts du spectacle. C'est au Théâtre des 2 Rives et à Viva Cité qu'il a fait ses premiers pas de spectateur. Depuis, ce chemin s'est poursuivi dans des lieux aussi marquants que la Cartoucherie ( il a soutenu une thèse sur l'Histoire de la Cartoucherie de 1970 à 1994), le Festival Off d'Avignon, Éclat d'Aurillac, ou bien encore The Kitchen de New-York.

Impromptus

Petits bonheurs

Un lecteur-un spectateur-un texte, un petit bonheur. Lectures réalisées par les étudiants de la classe d'art dramatique du Conservatoire National de Région avec la complicité de Didier Mahieu. A consommer sans modération, partout, et durant toute la soirée !


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