Les vieux représentent un immense réservoir d'informations, de souvenirs.
Quatre-vingts ans de vie égalent une foule de visages, de noms, de corps, de parfums.
Faire remonter à la surface des bribes, des bouts comme les tapisseries anciennes qu'on retrouve en décollant les suivantes dans une maison en travaux.
Ne rien demander à part "je me souviens..."
Comme pour les précédentes éditions, (1999 à Béziers, 2000 au Théâtre Paris Villette, à Avignon et à Théâtre Ouvert), ils auront lu une petite annonce chez leur commerçant, dans le journal du quartier, ou Didier Ruiz les aura rencontrés dans un club d'activité pour personnes âgées. Aucun n'est professionnel du spectacle. "Je note sur un bloc tous ces morceaux de vie qu'ils m'ont racontés. J'en choisis certains et laisse d'autres". Après un temps de travail au plateau, l'agencement de ces "bouts" forme à chaque épisode un moment rare, "une sorte de documentaire social traité, théâtralisé.(...) Au bout du compte se souvenir aussi qu'ils ne naissent pas vieux un jour, mais que nous le devenons, tous". Didier Ruiz
"Dans une version condensée, une parabole aux résonances actuelles qui pose la question de la bonté individuelle ; où Brecht utilise avec brio, pour questionner l'action de l'homme dans le monde, les ingrédients du théâtre populaire : il y a le rachat et la chute de la prostituée au grand cœur, le séducteur cynique qui trahit ses promesses, le barbon faussement désintéressé, l'entremetteuse... sous le regard de trois dieux accablés qui voudraient bien trouver une parcelle de bonté en ce monde pour être dispensés d'en changer quelques chose".
Josette Malon