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En première lecture

Une petite pièce pour chambre d’enfants

En octobre à Sofia, Galin Stoev, dont Corps de Textes avait accueilli la mise en scène d’Oxygène de Viripaiev en 2005, créée Petite pièce pour chambre d’enfants de la jeune Yana Borissova, une toute première pièce primée en 2007 en Bulgarie.

En décembre à Rouen, Il en propose dans Corps de Textes une première lecture française dans une traduction d’Evgueniy Djurov en collaboration avec Frédéric Vossier.


A quelques jours de la première sofiote, Galin Stoev évoque la pièce.

« L’écriture de Yana est une partition qui donne au texte une incroyable musicalité. C’est une langue usuelle, du quotidien. Mais en fait, c’est une structure très étudiée, où chacun des temps est pesé. Au travers d’une accumulation de propos, le spectateur entre dans un espace différent, aux relations indéfinies.

La pièce joue d’une façon très sensible avec l’intime d’une génération : dans le contexte d’un monde de l’après communisme, elle porte l’attention sur la perte de repères, l’errance de toute la génération grandie dans l’entre-deux de ces époques, celle du régime et l’autre de la réalité libérale.

Cette rupture demeure un sujet essentiel pour beaucoup de gens de ma génération. Yana réussit à traduire avec beaucoup d’humour et de tendresse cette situation. Elle décrit des personnes qui jouent à un jeu imaginaire pendant qu’il dealent avec la réalité quotidienne et leur destin personnel.

Ni message politique ou pathos social dans ce texte. De l’extérieur, on ne fait que percevoir ou deviner la réalité.

Je ne crois pas qu’il y ait une grande différence entre la façon dont les acteurs bulgares ou français appréhenderont le texte. Le point principal est de marcher sur d’invisibles étendues de votre propre passé, les espoirs et peurs de l’enfance, les frustrations et joies de l’amitié.

Galin Stoev, octobre 2007

P.-S.

A Rouen, 11 décembre, lecture française mise en espace par Galin Stoev au Théâtre des 2 Rives

La traduction d’Evgueni Djurov, a bénéficié d’une bourse Maison Antoine Vitez/TER