Second Life, Plateau virtuel ?

Cdt - Le texte a enthousiasmé les lecteurs du comité de lecture de Rouen et sera traduit en bulgare pour les rencontres d’avril à Sofia. Pourquoi porter cette création dans le monde de Second Life ?
Christophe Lamaître - Erich Von Stroheim a été pour moi un choc similaire à Américan Psycho de Bret Easton Ellis ou La possibilité d’une île de Michel Houellebecq. Christophe Pellet et moi avons le même âge, un peu plus de quarante ans pour faire court, nous avons exploré un théâtre social, purement textuel, alors que notre goût et notre culture nous portaient plus, comme un nombre considérable de spectateurs, vers le cinéma, l’image. Nous faisons donc, comme Orphée, le chemin à l’envers, pour chercher notre raison de faire du théâtre, d’inventer, à l’heure de Second Life, une nouvelle forme théâtrale qui, sans cesser d’être épique, force à un renoncement (notre enfance),pour accéder à un théâtre adulte (notre Histoire), et qui utilise le quotidien d’aujourd’hui - le numérique, la vidéo, la télé, les jeux vidéos- le déforme, pour en faire une matière théâtrale excitante.
Cdt – Matière à un nouveau « type » spectaculaire ?
Ch.L. - Entendons nous bien, il ne s’agit pas de créer du spectaculaire comme on pouvait créer de l’émotion dans un certain théâtre. Il ne s’agit pas de mimer ce que feraient des comédiens sur une scène, en effet cette nouvelle « scénographie » nécessite d’inventer une nouvelle dramaturgie. D’où l’importance pour moi et mon équipe, de laboratoires de création, car l’intérêt du projet réside dans la circulation entre deux mondes : le réel et le virtuel, et c’est la confrontation de ces mondes, de ce qui se transforme et qui nous échappe qui m’intéresse.
résumé
Elle, l’Un et l’Autre. Ils couchent ensemble. L’Un et l’Autre, Elle avec l’Un, Elle avec l’Autre. L’Un met sa beauté et sa jeunesse au service de l’industrie pornographique ; il pense qu’il n’en a plus que pour trois ans avant que son corps ne le lâche. Elle est une femme d’affaires en pleine ascension ; elle insère l’Un et l’Autre dans un emploi du temps déjà fort chargé. L’Autre semble toujours passer à travers les mailles de la vie, ne s’engageant jamais nulle part, ni avec l’Un, ni avec Elle, ni dans le travail, ni dans le capital. Il "truque la société".
"Aujourd’hui, c’est la journée Erich von Stroheim", déclare-t-il dès le début de la pièce. Au fil de seize micro-tranches de vie sexuelle, l’auteur met à nu ses personnages et plonge dans leur univers désenchanté : trois identités exemplaires d’un certain état économique, social et sexuel.
P.-S.
Présentations « en recherche »
15 décembre Théâtre des 2 Rives – Rouen
Avril - Sofia
Documents joints
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Erich Von Stroheim (PDF - 3.1 Mo)Dossier de présentation










