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Janvier au Portugal avec Emmanuel Darley.

Du 3 au 7 janvier à Paredes de Coura

Dans le nord du Portugal, au Centre Culturel de Paredes de Coura, l’auteur Emmanuel Darley et la traductrice Mariana Rocha ont pu mettre à l’épreuve de la scène la traduction de la pièce Le Mardi à Monoprix avec les acteurs des Comédias do Minho.

Le Mardi au Monoprix, en portugais, ça s’intitule : A terça-feira no Modelo Bonjour

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Retour, par l’auteur, sur un work shop de trois jours

Drôle de chose

Venir jusqu’ici pour se remettre au Mardi pratiquement un an après la création à Montpellier. Venir jusqu’à Porto et même, s’enfoncer davantage encore dans les terres, rejoindre la campagne brumeuse et humide du Minho pour à nouveau entendre et puis travailler Le mardi à Monoprix.

Je suis avec les deux Mariannes et nous rencontrons ceux de Comedios do Minho. Je viens comme ça, mains vides on pourrait dire, (qu’est-ce que j’aurais pu amener d’autre ?), juste le texte, quelques versions diverses sur une clef USB, quelques images par moi prises lors de la création par Jean-Marc Bourg et voilà. Je ne sais pas ce que l’on va faire. Je me dis, on va voir.

D’abord, on se rencontre. On cause de l’écriture. De ce projet. Du parcours singulier de ce texte qui de Montpellier sera allé s’enfermer pour mieux se faire traduire dans les cellules de la Chartreuse, pour ensuite venir ici, pour ensuite filer doux vers Sofia avant de retrouver Rouen.

On travaille ensuite. Lecture puis relecture. Lectures, de celles si fragiles dans l’ânonnement de la découverte. Le plaisir de cette langue autre, de ce que l’on retrouve malgré ça du rythme, de la musique. On cause. On dit, enfin, eux disent, le sentiment que ça laisse, les questionnements éventuels qui se lèvent.

Je lis ensuite, dans ma langue, dans mon français bancal, bousculé. C’est bien, je crois, qu’ils puissent entendre l’auteur lire. Qu’ils puissent entendre l’écriture comme elle se fait. Le souffle, les suspends, le rythme.

Ça dure trois jours. Travail surtout à la table. Au plus près du texte qui sous nos yeux, dans nos mains, s’affine, va au plus juste en Portugais. Eux cinq qui s’enflamment, discutent mot à mot, lisent et relisent pour la musique, la pulsation. On rejoint enfin le plateau. Il fait froid. On s’en fout. Ils s’emparent chacun d’un morceau. On mesure le travail. L’évolution du texte et puis leur perception. C’est assez beau. Ça donne envie.

Le Mardi à Monoprix en portugais, ça s’intitule : A terça-feira no Modelo Bonjour. Drôle de chose.

Emmanuel Darley

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