Histoire de Chair ou comment peut naître l’envie de tuer..
de Christophe Tostain

Un homme se réveille dans une chambre qui n’est pas la sienne. Sur le lit, un corps de femme. Elle semble dormir. Il lui parle mais n’attend - n’obtient - aucune réponse. Puisqu’elle est morte. Histoire de chair, comme les collages de Jean Dubuffet, reconstruit les faits éclatés qui ont abouti à cette situation. Les courts fragments dont la forme emprunte à différents registres sont les reflets de la violence du monde.
Cette pièce fouille les possibles de la représentation de la mémoire humaine..
Ce texte, repéré en 2006 par les lecteurs du comité de lecture de Rouen, a fait l’objet d’une première lecture en présence de l’auteur en juin 2007 au festival Emergence (coprogrammation Chapelle Saint Luois/ CDR de Rouen).
Dérangeant, construit, ainsi que le dit l’auteur, comme un récit éclaté, un puzzle proche de la série noire, la pièce sera lue par le comité de lecture dans le cadre de notre collaboration avec DSN Dieppe Scène Nationale et les Corps de textes invités par Visu.
A propos de Histoire de chair
Titrer chaque tableau Les heures pour la chambre. Des titres comme des clés. Des textes très divers pour les fragments du passé. Le sens de la typo pour écrire la musique du texte. C’est aussi une histoire d’une société qui fabrique des machines à tuer…
Ainsi sera construite Histoire de Chair, une succession de tableaux, titrés, naviguant entre le présent de cet homme appelé Lui, et son passé proche, comme de sa rencontre avec la victime, appelée la mademoiselle
Pour saisir Histoire de Chair, il faut accepter d’être aveugle et de recouvrer la vue au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire. Imaginons ; le lecteur, le spectateur reçoit cette Histoire de Chair comme s’il était devant une peinture. Sur cette peinture, un cache est apposé et l’occulte totalement. Une main invisible ôte le cache, morceau par morceau, et, jusqu’au dernier, cette main ne fera que laisser les yeux, redevenus voyants, deviner ce que cette peinture représente. Ce n’est qu’en cet instant, ultime instant, que la peinture, devenue miroir, absorbera le lecteur, le spectateur. …
L’écrivain de la scène qui décide de faire un collage à partir des oeuvres d’un même auteur choisit, découpe, mélange, assemble, organise des matériaux disparates provenant de l’ensemble du corpus de l’auteur. La signification de l’ensemble vise à dégager une tension, un drame microscopique à l’échelle de quelques répliques, formées de l’imbrication et de l’emboîtement d’éléments réfractaires les uns aux autres. Christophe Tostain
P.-S.
Histoire de Chair a fait l’objet d’une « Encre Fraîche », travail de plateau avec l’auteur, sur proposition du comité de lecture « A Mots Découverts », sous la direction de Brice Beaugier en 2006.
Le texte est publié aux Editions Espaces 34. avec le soutien du Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie










