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Cannibalisme – Faits divers, 1ère dentition

Création chorégraphique

« Être dans une gafieira. Danser. Danser dans une salle de bal, danser pour danser, danser pour dévorer. Se retrouver dans une arrière boucherie. La salle de bal en serait-elle l’antichambre ? Qui sera le mangeur ? Qui sera le mangé ? Que prendre ? Que donner ? ».

La danse vitale et puissante d’Osman Kassen Khelili, danseur et chorégraphe d’origine brésilienne, creuse et sublime malicieusement la question des origines. Cannibalisme – Faits divers éclaire le rapport au corps à la lumière du cannibalisme, pèse le métissage à l’aune de l’anthropophagie. Développe une métaphore de l’ingurgitation et de métabolisation des cultures comme processus d’intégration et d’identification. Planches anatomiques, ex-voto brésiliens, marathons de danse… constituent la chair de cette pièce, le corpus d’une danse d’écorché, vive et sensuelle, physique et palpitante.

Autour de l’anthropophagie moderne…

« Je suis, comme chacun, traversé par une histoire, un héritage et baigné dans le débat sur la danse. Ma mémoire filiaire est issue de mes expériences avec Anne Teresa de Keersmaeker et Catherine Diverrès. Mon statut de chorégraphe engendre, pour moi-même et pour les autres, des interrogations sur mes appartenances à une histoire, à un mouvement, à un manifeste. Mon désir est de m’écarter du classement générique et de la simple reformulation de références passées. Au Brésil, le métissage n’est pas une question mais une réalité : un métis blond aux yeux bleus n’a pas à justifier sa carte génétique ni sa légitimité à exister […]
Les questions sur l’identité, le multiculturalisme, les différentes formes d’intégration, qui me touchent particulièrement, sont au cœur de la réflexion de la société européenne. Le mouvement de l’anthropophagie moderne théorisé au Brésil, dès le début du XXème siècle, par Oswald de Andrade résonne ici comme une étrange actualité. Il développe une métaphore de l’ingurgitation et de métabolisation des cultures comme processus d’intégration et d’identification. Il s’agit d’un processus culturel individuel qui permet à chacun d’être soi, toujours en devenir, aux prises avec le choix des rencontres et la découverte de sa propre mutation. Cette réflexion reflète le rapport à la culture européenne qui m’a conduit ici ».
Osman Kassen Khelili – Mai 2006

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