1,1g en projet

Par Amélie Jaillet

Amélie Jaillet a pour projet de mettre en scène 1,1g d’inquiétude en 2008.

Elle vient présenter le 13 décembre une lecture d’extraits de la pièce, accompagnée d’une partie de l’équipe de création ; dont Emmanuelle Grangé, Yves Ruellan, Sandra Faure et Heidi Tillete de Clermont-Tonnerre


Avant goût du travail

Lorsque j’ai découvert 1,1g d’inquiétude j’ai tout de suite été séduite par cette description du monde du travail proche du documentaire. Il y a d’abord cette parole juste des salariés qui partagent leurs doutes, leurs peurs parce qu’ils ont besoin de parler, de se parler, parce que ça les rassure de savoir qu’ils ne sont pas seuls, que les autres aussi sont dans la même inquiétude. Cependant quand il faudra qu’ils prennent vraiment la parole, qu’ils disent quelque chose pour sortir d’une situation impossible, ils se tairont.

Et puis il y a Marie-Hélène la directrice du magasin qui parle à ses employés comme à des enfants. Son discours (apparemment bavard) est un jargon qui vise à les infantiliser. Parce qu’ils l’écoutent, les employés sont pris au piège d’une parole qui devient insensée, délirante, qui n’a d’autre but que de semer le soupçon et la peur. Mais cette parole folle qui reste toujours crédible est opérante. Elle fait partie de notre quotidien.

Reste enfin les personnages comme « la Bouche » et « la mère » à théâtraliser. En fait très vite j’ai compris qu’il n’y avait rien à inventer car les choses les plus simples sont les plus efficaces, ces deux personnages ont une totale légitimité dans la pièce car ils sont nos yeux, nos pensées. La mère spectatrice impuissante nous sert d’exutoire pour nos désirs, nos colères intérieures. Elle commente la pièce avec son cœur et la Bouche la guide dans cette réalité impensable comme un metteur en scène avec son public.

Enfin comme L’illusion Comique de Corneille, Sylvian Bruchon écrit sur plusieurs niveaux de représentation. Le lieu, la temporalité, le songe et la réalité, et enfin la vie ou la mort s’entrecroisent et se superposent pour nous surprendre mais sans jamais nous perdre.

Amélie Jalliet